Juan Rozoff fait son cirque
Le rendez-vous était fixé à 19H30.
Comme tout concert du Funktzar qui se respecte, l'organisation était à la bourre...
Après plus d'une heure à patienter dehors (merci à l'été indien pour avoir été clément envers nous), nous pénétrons enfin sous le châpiteau d'Adrienne.
Déboule alors sur scène un étrange trio (une sorte de "Nirvana funk" pour le look) qui ne mettra que quelques mesures pour nous décevoir : musique amorphe, paroles irritantes, voix chevrotante, etc. Heureusement, cette torture ne durera que trois morceaux mais c'est déjà trop...
Un peu plus tard, une autre formation se présente sur scène (les Gréements de Fortune) et là, ce sera un tout autre visage du funk parisien qui s'offrira à nous. Dès les premières notes, on sent que ça va être bon. Et ça va l'être sacrément !
Ce groupe va gentiment (mais sûrement) allumer le public avec son funk efficace et musclé. Idéal pour une première partie d'un concert de Juan. D'ailleurs, ce n'est pas pour rien s'ils ont en commun le clavier (Jay) et le batteur (Lawrence), deux furieux musiciens, impeccables du début à la fin.
Et pour le final de leur set, ce sera la divine Sandra Nkake (toute en robe funky) qui rejoindra le combo afin d'enfoncer encore plus le clou...
A ce moment, la salle est chaude et n'attend plus que l'ami Rozoff pour hurler son plaisir. Mais...
C'est un jeune homme, seul avec sa guitare, qui monte sur cette scène circulaire (façon Lovesexy Tour). J'avoue : nous sommes sortis prendre l'air (car il faisait très chaud) et n'avons pas eu l'impression de louper grand chose (sorry, man)...
Ce n'est que bien plus tard (mais tout vient à point à qui sait attendre) que le Prince français entâme son show (chaud ?) bouillant. Direct, les doigts dans la prise électrique, c'est du JB survolté, du Prince sous acide, du 140 bpm à vue d'oreille... Le public (nous) est aux anges mais voilà que Juanito (pour les intimes seulement) stoppe net le morceau et s'insinue dans nos esprits.
"Je sens que vous voulez un truc plus speed" (comment est-ce possible ?).
Et paf, dans nos faces ! Le concert sera alors un long tunnel fait de beats frénétiques, aux breaks acérés et au poil de c... près.
Le répit (pour nos pieds) ne viendra que bien plus tard lorsque MKO & son accolyte rejoindront sur scène le groupe pour deux morceaux hip-hop ("Intoxicated" & "Interdits Aux Bâtards"), puis suivra un très aérien "Nuit Lunaire" (personnellement, un de mes titres préférés). Sûblime & magique, tout simplement...
Cet exceptionnel show se terminera par deux interventions très remarquées de Sandra (impériale), d'un "The One" Boosterieusement magistral et d'une reprise d'un inédit de Prince (of course), "Rebirth Of The Flesh", que Juan Rozoff a adopté depuis plusieurs années maintenant et qui sera le prétexte à une fin tout en finesse, scandé par un public épars (vue l'heure tardive) mais tenace jusqu'aux dernières mesures.
Encore 1001 mercis à Juan & ses musiciens, Sandra & les Gréements de Fortune pour cette soirée mémorable.
Rideau. Chapeau bas sous le châpiteau. Dodo (car le lendemain je me levais tôt)...
Très belles photos de la soirée à l'adresse suivante : http://www.stella-k.com/funk/160906/index.html